J'ai mis près de dix années à composer cette symphonie. D'abord destinée à un orchestre à cordes, trois mouvements lents se succédaient. Il n'en reste plus aujourd'hui que le canon du premier mouvement.
Un orchestre plus complet devenait nécessaire pour illustrer le thème que j'avais choisi : un hommage à la France, simple et recueilli, dont la seule allusion directe est la citation de quelques mesures de La Marseillaise, à la fin de l'oeuvre.
C'est parce que Gorecki m'avait impressionné avec sa sublime troisième symphonie que j'ai décidé de reprendre l'idée d'un long canon. Pourtant, je ne l'ai pas destiné qu'aux instruments à cordes, mais à des cuivres qui rendent l'ensemble de mon mouvement plus coloré, parfois plus poignant.
Une autre similitude avec sa troisième symphonie reste le nombre des mouvements : trois, ce qui n'est pas la forme classique pour ce type de partition. Pourtant, je continue de penser aujourd'hui qu'un quatrième mouvement, fut-il lent ou rapide, remettrait en cause l'unité de l'oeuvre et son juste équilibre.