J'ai eu l'honneur de rencontrer Mstislav Rostropovitch une fois. Ce petit monsieur, au visage russe très marqué, souriait en permanence. L'annonce de sa mort m'a vivement ému.
Je n'ai pas pour Jean-Sébastien Bach une passion dévorante - j'apprécie les partitions de compositeurs plus modernes dont l'orchestre est toujours de dimension colossale, donnant à la musique toutes les couleurs qu'elle mérite. Pourtant, je considère certaines de ses oeuvres comme des chefs-d'oeuvre. Parmi ceux-ci, la première suite pour violoncelle seul est une musique superbe, dont la mélodie est enivrante.
J'avais pour objectif de composer une oeuvre qui s'inspirerait de cette première suite en en empruntant l'air sur lequel il me restait à écrire d'autres mélodies. Le décès du grand maître en faisait une occasion immanquable : au lieu de me satisfaire de l'orchestre, j'y ai ajouté les choeurs - les mêmes que pour mon "Requiem". Le texte se devait d'être potimiste, comme l'homme : j'ai choisi le "Credo", une prière qui permet l'utilisation de tempi rapides et qui autorise quelques moments de grand recueillement.
Pendant l'été 2008, j'ai enrichi la partition en y ajoutant un orgue, certes souvent discret, mais qui apporte à l'oeuvre encore plus de puissance et de couleur.
Ce "Credo" est un hymne à la vie et un respectueux hommage à un grand homme.