La partition, datant de 2005, était initialement destinée à un orchestre à cordes et à un violon solo. Toutefois, même après plusieurs remaniements, la partie de violon solo ne me convenait pas : j'avais sur-utilisé la partie aigue de l'instrument. En outre, la partie pour orchestre ne me semblait pas dimensionnée à sa juste mesure car je ne l'avais développée comme pour un grand orchestre : deux parties pour les violons, une pour les altos, une pour les violoncelles et une pour les contrebasses. Aussi, j'ai réorchestré l'oeuvre pour un grand orchestre à cordes à douze parties, les violons tenant, à eux seuls, six parties.
L'idée n'était pas de composer une pâle copie des superbes oeuvres de Samuel Barber ou Tomaso Albinoni, pour ne citer que celles-ci. Le violon solo avait cet objectif : offrir à l'oeuvre une structure unique pour un mouvement lent et isolé de tout autre mouvement. Je souhaitais une partition simple, recueillie, tantôt triste, tantôt solennelle et sa transposition pour un grand orchestre à cordes en fait désormais une oeuvre puissante où j'utilise toute la force des insctruments à cordes.
L'oeuvre est composée de trois parties pourtant irrémédiablement liées l'une à l'autre. La première et la troisième utilisent la même forme, la seconde leur servant d'intermède. Pour chacune des trois parties, j'ai souhaité un lent crescendo orchestral succédé, au début de la partie suivante, par quelques silences ou des notes dont le volume est très faible.